jeudi, 30 avril 2009

L'ASN appelle l'industrie du nucléaire à prendre en compte l'importance des conditions de travail

017.JPGLes grands exploitants d'installations nucléaires de base "doivent jouer un rôle moteur en matière de conditions de travail compte tenu de l'enjeu de première importance que ces conditions constituent pour la sûreté nucléaire et la radioprotection." 
Voici le message qu'ont fait passer l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et la Direction générale du travail (DGT) du ministère du travail aux représentants d'Areva, du CEA et d'EDF lors d'un séminaire qui s'est tenu en janvier dernier.

Rappeler la règlementation en vigueur
Ce séminaire était une première en la matière et réunissait aussi l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et le Délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection pour les activités et installations intéressant la Défense (DSND) étaient également représentés.

Il s'agissait d'une première initiative en la matière, traduisant la volonté partagée de l'ASN et de la DGT "de rappeler la réglementation en vigueur" et de prendre en compte les remarques formulées par les exploitants.

Les facteurs humains
L'ASN et la DGT ont également rappelé la priorité que constitue la prise en compte croissante des facteurs organisationnels et humains (FOH) dans cette industrie, notamment pour la sûreté nucléaire et la radioprotection.

Le principe d'un prochain rendez-vous a été pris pour 2010 pour examiner les évolutions probables de la réglementation internationale dans le domaine de la radioprotection de travailleurs.
Cette consultation sera étendue aux partenaires sociaux, afin d'associer l'ensemble des acteurs à l'élaboration de la prochaine mise à jour de la réglementation nationale.

A ce propos, le Parlement européen a adopté, mercredi dernier, un rapport consultatif indiquant : "Afin de garantir la protection des travailleurs et de la population, les installations nucléaires devraient être exploitées de façon à obtenir le plus haut niveau de sûreté qu'il est raisonnablement possible d'atteindre compte tenu des facteurs économiques et sociaux". 

Le rapport de l'ASN pour 2008
Le compte-rendu de ce séminaire a été rendu public quelques jours après les conclusions du rapport de l'ASN sur la sûreté nucléaire en France en 2008.
Jean-Christophe Niel, le directeur général de l'ASN, estime la situation "assez satisfaisante" mais rappelle qu'une "action forte a été nécessaire pour que les exploitants maintiennent la rigueur nécessaire."

Devenue réellement indépendante, l'ASN a ainsi suspendu pendant trois semaines le chantier du réacteur de troisième génération EPR, à Flamanville (Manche), pour des problèmes de bétonnage.
Elle avait aussi refusé d'agréer les laboratoires d'EDF chargés de mesurer la radioactivité dans l'environnement.

Le nucléaire de proximité encore déficient
En revanche, "la situation est restée délicate dans le domaine du nucléaire de proximité (NDLR : hôpitaux, cabinets dentaires ou de radiologie) : les inspections de l’ASN se sont poursuivies, la plupart des établissements médicaux ont fait des efforts réels, mais la situation demeure très hétérogène. " 

En Languedoc-Roussillon par exemple, où près de 2 400 appareils et installations utilisent des produits nucléaires, les inspecteurs de l'ASN
ont relevé les efforts du CEA dans le renforcement antisismique des bâtiments ou l'analyse environnementale des rejets.
Mais ils constatent que la France manque cruellement de radiophysiciens dans le domaine du nucléaire de proximité.
Un déficit qui ne sera pas comblé avant 2014. 

* Photo : centrale de Pierrelatte  (photo MTR).

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