lundi, 11 mai 2009

La nature, combien ça vaut ?

BEAUCAIRE RHONE ET TGV 066.JPG

Quel est le prix d'un champ de coquelicots ? Question idiote, répondront les poètes ou les artistes. La beauté n'a pas de prix.

Une approche économique
Mais les économistes ont une autre approche : si l'on veut protéger la biodiversité, il faut bien lui donner une valeur pour arrêter de la gaspiller. Comment protéger la nature si elle ne vaut rien ?

Estimer le prix des services écologiques rendus par la biodiversité, voici l'objectif que le Premier ministre avait confié à Bernard Chevassus-au-Louis, inspecteur général de l'agriculture, ancien directeur général de l'INRA et ancien président du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN).

Son rapport vient d'être remis à François Fillon. C'est une première avancée pour mieux intégrer le coût environnemental dans chaque décision d'aménagement à venir.

La biodiversité, un sujet neuf 
Donner un prix à la nature, la démarche a déjà été pratiquée, par exemple quand une pollution survient et que les juges doivent estimer les dommages causés à l'environnement (exemple, lors du procès de l'Erika).

Le professeur britannique Nicholas Stern a, pour sa part, tenter d'évaluer le coût du changement climatique, faisant apparaître qu'en consacrant très vite des sommes importantes pour lutter contre le réchauffement, on économiserait des budgets colossaux pour tenter d'en réparer les dégâts.

Problème : la biodiversité est un sujet beaucoup plus neuf. Les esprits ne sont pas encore prêts à une démarche "économiste" en la matière et les connaissances scientifiques manquent. On ne dispose pas en matière de biodiversité du même consensus que pour le climat.

Chiffrer le travail des abeilles
Voilà pourquoi le groupe de travail dirigé par Bernard Chevassus-au-Louis s'est d'abord penché sur les questions de méthode. L'idée était de définir les conditions d'élaboration de valeurs de référence pour les services écologiques rendus par la nature.

Il est très vite apparu qu'il était possible de distinguer les principaux services que rend à notre société, au quotidien, la biodiversité ordinaire :

  • les services d'auto-entretien, qui conditionnent le bon fonctionnement des écosystèmes (recyclage des nutriments, production primaire) ;
  • les services d'approvisionnement, qui conduisent à des biens appropriables (aliments, matériaux et fibres, eau douce, bioénergies) ;
  • les services de régulation, c'est-à-dire la capacité à moduler dans un sens favorable à l'homme des phénomènes comme le climat, l'occurrence et l'ampleur des maladies ou différents aspects du cycle de l'eau (crues, étiages, qualité physico-chimique) ; 
  • les services culturels, à savoir l'utilisation des écosystèmes à des fins récréatives, esthétiques et spirituelles.

Pour entrer davantage dans le concert, le groupe de travail a donné l'exemple des services rendus par les abeilles : 2 milliards par an grâce à la pollinisation des plantes.

De même, le rapport propose un chiffrage des services rendus par les écosystèmes forestiers. 

Il y a urgence
"Nous n'en sommes qu'au début de la démarche. Il s'agit d'un travail de fourmi", admet Chantal Jouanno, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie.

Mais il y a urgence à progresser : toutes les études menées sur le sujet montrent qu'un effondrement généralisé de la biodiversité est aujourd'hui en cours. 

*Photo MR.

11:14 Publié dans nature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : biodiversité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Ecrire un commentaire