Greenpeace dénonce avec vigueur "le hold-up" des autorités turques et les débarquements illégaux constatés dans la pêche au thon rouge en Méditerranée, dont la campagne 2009 a commencé le 15 avril.
La Turquie en solo
Alors que l'Union européenne a imposé des quotas de captures plus sévères, conformes au plan de reconstitution des stocks adopté par la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (Iccat), la Turquie en profite-t-elle pour remplir les filets de ses pêcheurs ?
C'est l'accusation portée par Greenpeace qui remarque que, dès le 29 avril, le gouvernement turc a dénoncé le quota de 683 t qui lui avait été octroyé et s'est "auto-attribué" un volume de capture non limité pour la saison 2009.
Débarquements illégaux
D'autre part, selon les informations de Greenpeace, plusieurs débarquements illégaux de thon rouge ont eu lieu en Turquie dans des ports de la Mer Egée.
Selon l'organisation écologiste, un débarquement illégal de 7 à 8 tonnes de thon rouge a eu lieu le 30 avril à Izmir-Karaburun.
Il s'agit du Yasar Reis II, un senneur ne disposerait ni de la licence Iccat ni de la licence turque, qui a débarqué entre 400 à 500 thons rouges de 12 kilos.
De plus, les thons pêchés étaient des juvéniles de 12 à 20 kilos alors que le poids minimum pour ce type de bateau est fixé à 30 kilos, accuse Greenpeace.
Le 3 mai, des juvéniles ont aussi été débarqués de l'Aktaslar C dans le même port.
Disparition du stock
" En s'affranchissant ainsi des quotas, la Turquie va tout simplement précipiter la disparition d'un stock et d'une pêcherie déjà en sursis ", a déclaré Banu Dokmecibasi, chargé de campagne Océan pour Greenpeace Méditerranée.
D'autres débarquements en sous taille, effectués en Italie, ont donné lieu à des saisies opérées par les autorités : une tonne de thon rouge sous taille à Messine le 28 avril et 15 tonnes non inscrites sur les documents de capture le 8 mai à Brindisi.
Greenpeace estime donc que "le pseudo-plan" de reconstitution des stocks, "qui permettra de pêcher un tonnage encore supérieur de 47% à la préconisation scientifique", n'est même pas respecté.
L'organisation conclut : "La Turquie et tous les autres pays pêcheurs, y compris ceux qui sont membres de l'Union européenne, doivent immédiatement quitter les zones de pêche et n'y revenir que lorsque la parole scientifique sera reconnue comme valable dans la gestion de la pêcherie."
*Photo Greenpeace.
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