dimanche, 31 mai 2009
Le projet de séquençage du génome de l'hévéa se prépare au Cirad de Montpellier
Une avancée technique qui devrait révolutionner la sélection traditionnelle des plants d'hévéa les plus performants.
Le Cirad de Montpellier accueillera, du 3 au 5 juin, l'atelier international sur le génome et la transcription de l'hévéa.
Objectif : préparer le futur séquençage de la plante, une opération aux forts enjeux économiques et écologiques.
Organisé avec le soutien du Cirad, de l'IFC (Institut français du caoutchouc) et de l'IRRDB (International Rubber Research and Development Board), cet atelier rassemble les chercheurs des instituts de recherche sur le caoutchouc mais aussi des universités et du secteur privé.
Des enjeux majeurs
Avant d'envisager le séquençage de l'hévéa, il faut faire le point sur l'état des connaissances et monter un dossier technique complexe.
Ce sera l'objet de ces deux jours d'échanges au cours desquels les scientifiques mettront en commun leurs derniers résultats en matière de génétique moléculaire.
Le groupe biotechnologie de l’IRRDB se réunira ensuite le 5 juin aux fins de préparer une proposition internationale pour le séquençage du génome de l’hévéa.
Source renouvelable de caoutchouc naturel et de bois, l’hévéaculture participe en effet à réduire la consommation de pétrole. L’application des biotechnologies à l’amélioration de l’hévéa représente donc un défi majeur tant sur le plan économique qu’écologique.
"Une révolution dans nos recherches"
Vingt chercheurs en provenance d’Europe, d’Asie et d’Afrique vont étudier à Montpellier la faisabilité du projet de séquençage du génome de l’hévéa. « Les nouvelles techniques de séquençage de génomes et de bioinformatique sont une véritable opportunité pour l’hévéa. Nous allons pouvoir bénéficier de technologies à haut débit et faible coût »précise Pascal Montoro, chercheur au Cirad, qui assure la coordination de l'atelier.
Le génome de l’hévéa est cinq fois plus grand que le génome du riz ou du peuplier. Il s’agira aussi de procéder au séquençage des gènes (qui codent les protéines).
Chaque partenaire du projet travaillera en complémentarité dans la perspective d’identifier les fonctions et les éléments de régulation des gènes, l’objectif étant une sélection génétique précoce des plants et le repérage des individus potentiellement supérieurs génétiquement aux parents.
Auparavant la sélection traditionnelle sur l’identité était partielle et longue (de 20 à 25 ans).
Actuellement, deux projets de caractérisation agronomique sont en cours au Brésil et en Thaïlande pour exploiter au mieux la tolérance à la maladie sud-américaine des feuilles dite SALB (South American Leaf Blight) et les forts rendements de production de caoutchouc de certains génotypes. « Ce sera un véritable bouleversement dans le travail du sélectionneur »,conclut Pascal Montoro.
*Saignée de l'hévéa en Indonésie (photo P. Montoro, Cirad)
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