mardi, 13 octobre 2009

Maladie de Parkinson : des chercheurs de Toulouse ouvrent de nouvelles pistes de traitement

Une équipe de l'Inserm, en partenariat avec des chercheurs américains et israéliens, montre qu'on peut ralentir la progression de la maladie en prescrivant précocément un médicament, la rasagiline.


Deuxième cause de handicap d'origine neurologique chez les personnes âgées, la maladie de Parkinson touche près de 150 000 personnes en France. S’il existe des médicaments qui atténuent les symptômes de celle-ci, aucun n’a encore prouvé sa capacité à ralentir l’aggravation progressive et inexorable de la maladie.

L’équipe d'Olivier Rascol (CIC 9302 Inserm/CHU Toulouse), en collaboration avec celle de Warren Olanow (USA) et du laboratoire TEVA (Israël), vient de montrer  qu’un médicament antiparkinsonien, la rasagiline, ne se contente pas seulement de
lutter contre les symptômes mais freine aussi leur progression.

La rasagiline, un médicament aux vertus méconnues
La maladie de Parkinson résulte de la dégénérescence, dans le cerveau, des neurones dopaminergiques. La détérioration de ces neurones, impliqués dans les activités motrices, explique ainsi par exemple les tremblements, raideurs caractéristiques de l’affection.

Afin de pallier les symptômes de la maladie de nombreuses substances dites « dopaminergiques » sont employées. Parmi elles, la rasagiline. Prescrite lorsque les manifestations extérieures deviennent trop handicapantes, elle possèderait en outre d’autres qualités.
C’est la conclusion à laquelle vient de parvenir l’équipe coordonnée par Olivier Rascol, au terme d’une étude de 18 mois portant sur 1 200 patients.

Les investigateurs de l’étude ont scindé la cohorte de patients en différents groupes, certains traités dès le début, durant 18 mois, d’autres seulement pendant les 9 derniers mois de l’étude. Ils ont ensuite suivi l’évolution des patients afin de mesurer par des tests l’aggravation de la maladie au fil du temps.
Si le médicament ne jouait que sur les symptômes à court terme et non pas réellement sur la dynamique d’aggravation de la maladie (ex. :
l’aspirine ne guérit pas la grippe mais influe sur le symptôme de douleur), les deux groupes auraient dû obtenir des résultats identiques en fin d’étude.

Donné tôt, le médicament a eu un effet de fond
Un résultat différent a pourtant été enregistré. Au terme des 18 mois, le groupe traité plus tôt a obtenu de meilleurs résultats que le groupe traité plus tard.
Une telle observation ne peut avoir qu’une signification : sur ce groupe, durant les 9 premiers mois, la rasagiline a eu un effet de fond, ralentissant la progression du handicap.
Si la rasagiline jouait seulement sur les symptômes et non sur les causes de leur aggravation, les 2 groupes devraient parvenir au même résultat au bout des 18 mois. La rasagiline a donc, en plus de son effet symptomatique immédiat déjà connu, un effet sur la progression des symptômes de la maladie.

Revoir les recommandations officielles ?
Ces conclusions soulèvent pour Olivier Rascol la question du moment optimal de l’initiation du traitement chez un patient atteint de la maladie de Parkinson.
Alors que cette étude montre qu’un traitement initié plus précocement apporte un avantage ultérieur, les recommandations officielles incitent actuellement à attendre que les symptômes deviennent suffisamment gênants pour traiter les patients.

L’auteur souligne par ailleurs qu’il faut désormais approfondir la compréhension des mécanismes expliquant l’avantage du traitement précoce et mieux en apprécier l’importance pratique dans la prise en charge à long terme des malades, en particulier en continuant à suivre les malades de la cohorte.

11:25 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : parkinson, toulouse | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Continuer à utiliser des médicaments pour (tenter désespérément de) soigner la maladie de Parkinson c’est encore persister à ignorer la piste psychologique et qui est INCONTOURNABLE (sine qua non) dans la survenance, notamment de cette maladie.
Le célèbre professeur Henri LABORIT qui avait écrit un livre fameux et dont le titre reprend une de ses découvertes marquante (« Inhibition de l'action » Ed. Masson Paris & Presses Universitaires de Montréal, 1980) démontre le facteur (incontournable) psychosomatique :

"(...) pour faire une infection ou une affection néoplasique [Ndlr :cancer], il ne suffit pas d'un contact avec un microbe ou un virus ou un irritant local chroniquement subi.
On a trop focalisé sur le microbe, le virus ou le toxique cancérogène et pas assez sur le sujet, sur son histoire passée et présente, ses rapports avec son environnement.
Les toxiques eux-mêmes doivent sans doute présenter une toxicité variable suivant le contexte et le statut social de l'individu qu'ils atteignent. (...)

Nous sommes les autres, c'est-à-dire que nous sommes devenus avec le temps ce que les autres - nos parents, les membres de notre famille, nos éducateurs - ont fait de nous, consciemment ou non.
Nous sommes donc toujours influencés, le plus souvent à notre insu, par les divers systèmes dont nous faisons partie."

Tout ce qui peut être diagnostiqué comme symptômes divers ou comme facteurs matériels possibles ne constitue que la face visible de l’iceberg ; c’est bien à l’image de cette médecine résolument et dogmatiquement symptomatique qui ne s’occupe de ce qui est en AVAL, alors qu’il faut ici aussi considérer ce qui est en AMONT.

C’est comme un jeu de dominos : il ne servira à rien à moyen terme de ne s’occuper que des manifestations en queue de liste car il faut s’occuper de ce qui a été à l’origine réelle des maux. La plupart des scientifiques modernes sont maintenant d’accord pour dire que l’origine des maladies est dans le stress oxydant ou oxydatif.

Mise à part les (coûteuses) pistes comportementaliste et allopathique mais qui ne résolvent rien en profondeur, est très efficace la piste (réellement) psychothérapeutique dans ce qu’elle intègre les neurosciences cognitives ou psychobiologie (qui font partie des sciences de la psychologie officielle).

En témoigne cette personne qui a livré en conférence le témoignage de son auto-guérison de la maladie de Parkinson grâce à ce type de psychothérapie :
"Diagnostiquée parkinsonienne, on la déclare condamnée. Elle ne se résigne pas et décide de se tourner vers des thérapies alternatives pour ne pas rentrer dans « l’engrenage de la chimie » et ne pas être rangée dans « le camp des malades » : « je me suis mise résolument du côté de la vie ! » déclare-t-elle au psychothérapeute qui l’accompagnera vers son autoguérison. Au vu des surprenantes analyses médicales qui en attestent, un médecin abasourdi écrit « l’hypothétique parkinson » "
Source : http://www.retrouversonnord.be/belva.htm

A méditer :

"Des études cliniques, effectuées sur des malades dont on a pu établir tous les antécédents biographiques, ont montré l’existence d’un rapport chronologique entre l’évolution de leur maladie et les événements retentissant sur leur vie affective. La situation qui précipite le sujet dans la maladie revêt pour ce malade une signification affective particulière, parce qu’elle est liée à son passé ou à une problématique conflictuelle non résolue. C’est en raison de ces liens qu’elle a pour lui un effet de stress. "
(A. BECACHE– Psychologie Pathologique, p. 219 – Abrégés Masson).

"C'est la médecine tout entière qui doit s'ouvrir à la psychologie et devenir psychosomatique. Ou pour mieux dire, avec WEISS et ENGLISH : « Toute maladie relève à la fois de l'esprit et du corps et toute thérapeutique est, de ce fait, de la médecine psychosomatique. Lorsqu'on en sera dûment persuadé, le terme psychosomatique pourra disparaître, les données qu'il traduit étant désormais impliquées dans le terme médecine ». Mais pour cela il faut que tous les médecins et psychiatres soient authentiquement formés à la psychologie et aient renoncé au préjugé organiciste." (Marc-Alain Descamps (1992). Corps et psyché, p16.).

Ecrit par : Baudouin Labrique | mercredi, 14 octobre 2009

Merci pour cet article

Ecrit par : Devis | jeudi, 22 octobre 2009

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