samedi, 26 septembre 2009
Languedoc-Roussillon : le recul de la côte pourrrait coûter des dizaines de milliards d'euros
C'est une des prévisions figurant dans un rapport officiel qui évalue les conséquences du réchauffement climatique pour la France.
Lisez ces quelques lignes : "En l’absence d’adaptation, le recul de la côte, par érosion ou submersion marine, en conséquence du changement climatique (remontée du niveau de la mer), devrait concerner plusieurs centaines de milliers de personnes et la destruction des logements pourrait coûter plusieurs dizaines de milliards d'euros à l'échelle du siècle, pour la seule région Languedoc-Roussillon."
Un rapport qui fait ... froid dans le dos
Ces lignes ne sont pas sorties d'un cerveau d'écolo en ébullition mais figurent dans le rapport officiel (lire ici) que vient de publier l'Office national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc), qui dépend du ministère de l'Ecologie.
Partant de l'hypothèse d'une augmentation moyenne des températures de 3°C à 4°C d'ici la fin du siècle, les chercheurs ont tenté de préciser quelles en seraient les conséquences et le coût pour notre pays, secteur par secteur (agriculture, tourisme, énergie, forêts, etc).
Catastrophes naturelles (sécheresse, incendies, inondations), maladies, pertes de production sont envisagées.
Résultat : si la France n'est pas le Bangladesh, le réchauffement climatique aura un impact très sérieux sur notre pays pourtant tempéré et il faudra consentir des efforts gigantesques pour s'y adapter.
Tout en prenant la précaution d'indiquer que beaucoup de données sont imprécises et que l'impact du réchauffement ne sera pas le même selon les individus et les régions, les auteurs dressent une première revue de détail.
L'eau
Source de vie, l'eau n'est pas rare en France. Ca pourrait changer. A demande constante, notre pays pourrait afficher un déficit de 2 milliards de m3 par an à l'horizon 2050, soit 13% des besoins actuels. Le Sud-Ouest serait la région la plus concernée.
Le rapport prévoit une multiplication des conflits d'usage, par exemple avec les agriculteurs.
L'agriculture
La hausse des températures favorisera la pousse des plantes : on attend des records de rendements pour les céréales.
Sauf que la répétition des canicules type 2003 et le manque d'eau risquent d'être rapidement contreproductifs et pourraient coûter 300 millions d'euros par an aux producteurs de blé à la fin du siècle s'ils ne s'adaptent pas.
La forêt grandira plus vite mais sera davantage menacée par les incendies et la sécheresse qui fragilise les arbres.
Grave menace encore pour le Languedoc-Roussillon dont la viticulture connaîtrait une baisse de la production. La qualité et la typicité des vins risquent partout de souffrir.
Les risques naturels
Difficiles d'être précis admettent les auteurs du rapport mais ils pointent malgré tout la certitude d'une augmentation des risques.
Le Languedoc-Roussillon sera lourdement menacé : par l'érosion du littoral, par le retrait-gonflement des sols argileux qui fissurent les bâtiments, par les inondations, par les incendies dans les zones boisées.
La santé
Si le réchauffement radoucira les hivers, ce qui sera bon pour la santé, les canicules seront plus fréquentes, avec les dangers que l'on sait.
De même, la pollution de l'air augmentera ainsi que les nouvelles maladies transmises par des moustiques ou que les conséquences des catastrophes naturelles.
Là encore, le Languedoc-Roussillon est dans l'oeil du cyclone, le rapport citant l'exemple du Gard où le seul traitement des effets psychologiques des inondations de 2002 aurait coûté 234 000 euros (pour 953 personnes) selon les médecins libéraux.
Le tourisme
Pas sûr que les touristes aient envie de griller au bord de la Méditerranée en plein été : le rapport estime que les régions du Sud verroont leur attractivité diminuer grandement. Avec une consolation : le tourisme pourrait se reporter sur d'autres saisons.
Pour le ski, la Bérésina s'annonce : une hausse moyenne des températures de 2 °C ne conserverait un enneigement fiable qu'à 96 stations.
Il va falloir apprendre à changer
Conclusion provisoire de ce rapport destiné en priorité aux décideurs politiques et économiques : il va falloir se livrer sans tarder à un travail systématique de sensibilisation du grand public sur ces questions difficiles.
Et il faudra trouver les bons rythmes sociaux pour engager "une évolution sans rupture vers de nouveaux modes de vie".
* Résidence au Grau-du-Roi (photo MTR).
17:26 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : rechauffement, rapport, languedoc-roussillon |
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