jeudi, 25 mars 2010
Nanomatériaux : l'Afsset recommande d'appliquer sans attendre le principe de précaution
L’Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) a publié hier les résultats d’une expertise collective sur l’évaluation des risques liés aux nanomatériaux pour la population générale et pour l'environnement.
Plusieurs centaines de produits de grande consommation concernés
Le constat est inquiétant : plusieurs centaines de produits de grande consommation contenant des nanomatériaux, sont déjà présents dans notre quotidien : textiles, cosmétiques, alimentaires, équipements sportifs, matériaux de construction
"Des études nouvelles suggèrent la possibilité de risques pour la santé et pour l’environnement de certains produits",ajoute l'Affset.
On ne connaît pas grand-chose des risques réels
Deuxième constat : les méthodes d'évaluation des risques sont inadaptées aux nanomatériaux.
L'’Afsset a testé les méthodologies classiques d’évaluation des risques sur 4 produits particuliers et courants : la chaussette antibactérienne (nanoparticules d’argent), le ciment autonettoyant et le lait solaire (nanoparticules de dioxyde de titane), la silice alimentaire à l’état nanométrique.
Ces 4 produits représentent bien les voies d’exposition de l’homme (cutanée, inhalation, ingestion) et la possibilité de dispersion environnementale.
Or, aujourd’hui, seuls 2% des études publiées sur les nanomatériaux concernent leurs risques pour la santé et l’environnement.
D'où la nécessité d'améliorer les connaissances en normalisant les caractéristiques des nanomatériaux et en ciblant la recherche sur la toxicologie, l’écotoxicologie et la mesure des expositions.
L’Afsset prévoit de s’autosaisir pour définir en 2 ans, avec son groupe de travail, un outil simplifié d’évaluation des risques. Il s’agit d’une grille de cotation des risques qui permet de catégoriser les produits en plusieurs gammes de risques.
Appliquer sans attendre le principe de précaution
Face à cette situation d’incertitude, l’Afsset recommande d’agir sans attendre au nom du principe de précaution :
- rendre obligatoire la traçabilité des nanomatériaux. Cela passe par une obligation de déclaration par les industriels ;
- mettre en place un étiquetage clair qui mentionne la présence de nanomatériaux dans les produits et informe sur la possibilité de relargage à l’usage ;
- aller jusqu’à l’interdiction de certains usages des nanomatériaux pour lesquels l’utilité est faible par rapport aux dangers potentiels ;
- harmoniser les cadres réglementaires français et européens pour généraliser les meilleures pratiques : déclaration, autorisation, substitution.
Une action internationale s'impose
Pour mener à bien ce chantier considérable, une mise en réseau entre les organismes européens et internationaux pour se partager le travail est nécessaire, explique l'Afsset.
Elle a commencé autour de l’OCDE qui coordonne des travaux d’évaluation des risques et de l’ISO qui travaille à la mise en place de nouvelles normes.
De son côté l’Afsset coordonne un projet européen « nanogenotox » qui vise à identifier la toxicité sur les gènes et l’ADN de 14 nanomatériaux. 18 organismes de 13 pays sont impliqués.
10:48 Publié dans risques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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