dimanche, 08 novembre 2009
Nîmes championne de France pour les pertes en eau distribuée : un scandale dénoncé par le JDD
Le Journal du dimanche (JDD) a frappé fort ce matin en titrant sur "Le scandale de la distribution de l'eau".
Voici les premières lignes de ce dossier : "Les habitants de Rouen savent-ils que les jolies ruelles pavées de la vieille ville cachent un grave problème pour l’environnement et… leur pouvoir d’achat ? Ceux d’Avignon, de Nîmes, d’Amiens ignorent sans doute qu’ils sont, eux aussi, concernés, comme la plupart des Français. Le JDD révèle un scandale aussi invisible que silencieux. L’état des canalisations du pays est calamiteux, à quelques exceptions près. Fuites jamais traitées, ruptures intempestives… Chaque jour, des milliers de mètres mis en distribution n’arrivent jamais aux consommateurs. "
41% de l'eau distribuée à Nîmes se perd en route !
A Nîmes, par exemple, pour 100 litres d'eau distribués, 41 sont perdus avant d'arriver au robinet d'un habitant, affirme le JDD.
Le phénomène était connu et il est en partie inévitable mais les écart sont énormes entre le bon élève parisien qui ne perd que 3,5% de son eau distribuée et le cancre nîmois.
A partir des rapports sur les prix et la qualité des services publics des 57 plus grandes villes françaises, le journal dominical a dressé un palmarès où Marseille affiche 16,5% de pertes et Montpellier 19,7,%.
Dans son dossier, le JDD donne la parole à Jacques Bollègue, le vice-président de la Communauté d'agglomération Nîmes-Métropole, qui évoque les effets des inondations de ... 1988 et admet que les communes connaissent mal l'état des réseaux souterrains.
Un coût de 2 milliards d'euros par an
Selon les journalistes du JDD, les pertes sont bien plus importantes qu'on le pensait et atteignent un montant global de 2 milliards d'euros par an !
Pour sa part, Chantal Jouanno, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, déclare au JDD que "le gâchis doit cesser".
Elle annonce qu'il faut réduire ces pertes à 15% au plan national, en incitant les communes à mieux surveiller l'état de leurs canalisations et à les remplacer si nécessaire.
Les compagnies de distribution de l'eau, interrogées par le journal dominical, renvoyent la responsabilité des pertes d'eau aux élus.
Un dossier que tous les citoyens gagneraient à lire en achetant le JDD ou en consultant son site Internet.
14:38 Publié dans air-eau | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : eau, nimes, scandale, jdd |
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jeudi, 21 mai 2009
L'incroyable odyssée de 20 000 Indochinois immigrés de force en France à partir de 1939
C'est une page sombre de la colonisation française, peu connue en dehors du cercle des historiens, qui a failli sombrer dans l'oubli.
Grâce au livre de Pierre Daum "Immigrés de force" (Actes Sud), l'incroyable destin des 20 000 Indochinois amenés en métropole à partir de 1939 sort enfin de l'ombre.
Pour remplacer les ouvriers mobilisés
1939 : la France entre en guerre et les ouvriers quittent les usines.
Pour les remplacer dans l'exécution des besognes les plus rudes, par exemple le maniement des poudres dans les usines d'armement, les brillants esprits qui gouvernent le pays décident de puiser dans le vivier colonial.
En novembre 1939, Georges Mandel, ministre des Colonies, annonce la venue en métropole "d'un premier lot de 70 000 ouvriers tonkinois" sur la base du volontariat et, si ça ne suffit pas, sur réquisition.
"Sans salaire réel"
Recrutés pour la plupart de force, débarqués à la prison des Baumettes à Marseille, 20 000 travailleurs indochinois furent finalement répartis à travers la France dans les entreprises relevant de la Défense nationale.
"Bloqués en métropole pendant toute la durée de l’occupation allemande, logés dans des camps à la discipline très sévère (NDLR : par exemple à Agde et à Rivesaltes) ils furent loués, pendant plusieurs années, par l’Etat français à des sociétés publiques ou privées sans qu'aucun salaire réel ne leur soit versé", affirme Pierre Daum.
Ils ont fait pousser le riz de Camargue
Ainsi, au printemps 1942, les stocks français de riz commençaient à s'épuiser car les riz coloniaux n'arrivaient plus.
La 25ème compagnie de travailleurs indochinois (environ 300 hommes) fut affectée à la relance de la culture rizicole en Camargue. 250 hectares furent immédiatement mis en culture. Avec succès puisqu'en 1944 la production annuelle atteignait 2 200 tonnes de paddy (grains de riz non décortiqués) sur 800 hectares ensemencés.
Dans les exploitations (mas d'Arbaud, Guinot, Paulon, du Vert, ou encore Thibert) cohabitaient du personnel fixe, ouvriers habitant le mas, et des itinérants, souvent étrangers. Les travailleurs indochinois étaient logés, nourris et équipés par le propriétaire.
" Ce dernier point semble avoir quelquefois posé problème, en particulier au niveau de la fourniture des chaussures et du couchage. Le service de la Main d'oeuvre indigène (M.O.I.) recevait 50 francs par jour et par homme. Elle reversait aux travailleurs de 15 à 20 francs", raconte un site Internet consacré à la mémoire des travailleurs indochinois.
Les travailleurs participaient à tous les travaux depuis la préparation des terres, en passant par les semailles, la moisson à la faucille, le décorticage à l'aide d'un moulin à bras.
Les derniers partirent en 1952
Si 4 434 rapatriements eurent lieu en 1941 mais furent stoppés à cause de la coupure des liaisons maritimes, ce scandale se prolongea bien après la Libération.
Renvoyés vers le Viêtnam au compte-gouttes à partir de 1946, ce n’est qu’en 1952 que les derniers de ces hommes purent enfin revoir leur patrie. Un millier fit le choix de rester en France.
Un livre-enquête
Pour mener à bien la rédaction de son livre, Pierre Daum a mené l'enquête pendant quatre ans, partant à la recherche des derniers travailleurs vietnamiens ayant vécu cette odyssée.
Il en a trouvé 11 en France et 14 au Vietnam.
10:06 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : scandale, immigrés, odyssée |
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